Passer un autre diplôme ou concours quand on est déjà enseignant titulaire

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📌 L’essentiel à retenir
Être titulaire ne ferme pas la porte à l’évolution professionnelle.
Démissionner entraîne la perte du statut de fonctionnaire et un retour à zéro.
Passer un BTS nécessite trois années d’expérience professionnelle et un échec préalable.
Le détachement permet de changer de corps sans perdre ses droits à l’avancement.
Certains concours restent accessibles sans démission, selon l’ancienneté et la situation.

Être titulaire de l’Éducation nationale ne signifie pas avoir fermé la porte à toute évolution professionnelle. Nombreux sont les enseignants qui, après quelques années en poste, souhaitent changer de niveau, de discipline ou de corps, et s’engagent pour cela dans la préparation d’un nouveau concours ou d’un diplôme complémentaire.

Cette démarche est tout à fait possible, mais elle suppose de connaître les règles qui s’appliquent aux agents déjà en activité : autorisations d’absence, congés de formation, compatibilité avec le service en cours, reconnaissance des acquis. Les conditions fluctuent selon les situations et les objectifs visés.

Diplomes.net fait le point sur les options disponibles, les démarches à suivre et les droits auxquels peuvent prétendre les enseignants titulaires qui souhaitent passer un autre concours ou obtenir un nouveau diplôme.

Passer un autre concours quand on est PE titulaire (c’est plus compliqué qu’on ne le croit)

C’est une question que beaucoup d’enseignants se posent un jour ou l’autre : « Et si je voulais passer le CAPES, ou un concours administratif, tout en restant dans l’Éducation nationale ? » La réponse est directe, et elle surprend souvent.

Le décret 90-680 relatif au statut des professeurs des écoles est très clair sur ce point. Le dernier alinéa du I de l’article 7 précise noir sur blanc :

« Les professeurs des écoles, stagiaires et titulaires, ne peuvent pas faire acte de candidature. »

Autrement dit, tant que vous êtes professeur des écoles, même stagiaire, vous ne pouvez pas vous inscrire à certains concours. Et ce n’est pas tout : l’article 17-2 ajoute que les personnels enseignants du premier degré titulaires ou stagiaires de l’État ne peuvent se présenter ni au second concours interne ni au second concours interne spécial. C’est une double restriction qui ferme pas mal de portes.

La seule vraie option pour contourner ça ? Démissionner. Mais attention, démissionner signifie perdre définitivement son statut de fonctionnaire. Et si vous redevenez stagiaire dans un nouveau corps, ce sera au premier échelon, comme si vous repartiez de zéro. C’est un choix lourd, qui mérite vraiment réflexion avant de signer quoi que ce soit.

Obtenir un diplôme supplémentaire (BTS et autres) sans tout quitter

Bonne nouvelle : passer un diplôme comme un BTS, c’est possible sans démissionner. Mais là encore, il y a des règles à connaître, et quelques obstacles concrets à anticiper.

Pour s’inscrire en candidat libre à un BTS, il faut justifier de 3 années d’activités professionnelles effectives dans un emploi correspondant au diplôme visé. Et il y a une autre condition, moins connue : avoir déjà échoué une première fois à cet examen en étant inscrit dans un établissement. Ce n’est pas une voie d’entrée directe, donc.

La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) peut sembler une alternative séduisante, mais elle ne s’applique pas si votre expérience professionnelle n’est pas dans le domaine du diplôme visé. Un enseignant qui voudrait valider un BTS en commerce, par exemple, ne pourra pas s’appuyer sur ses années en classe pour y prétendre.

Côté financement, le coût d’un BTS oscille entre 2 000 et 3 000 €, ce qui n’est pas anodin. Deux leviers existent pour alléger la facture :

  • Le DIF (Droit Individuel à la Formation) : 20 heures par an, plafonné à 120 heures maximum
  • Le CIF (Congé Individuel à la Formation) : une option à demander auprès de votre employeur pour financer une formation longue

Pour le stage obligatoire souvent requis dans un BTS, une solution pratique consiste à demander un mi-temps annualisé. Ce n’est pas toujours simple à obtenir, mais ça permet de concilier obligations professionnelles et formation sans tout sacrifier.

Diversifier ses revenus en restant enseignant (les options légales et concrètes)

Plutôt que de changer de corps ou de passer un nouveau diplôme, certains enseignants choisissent simplement d’arrondir leurs fins de mois. Et il existe plusieurs façons légales de le faire, à condition de respecter les règles de cumul d’activités.

Voici un aperçu des principales options disponibles :

Activité
Rémunération indicative
Points d’attention
Cours particuliers
15 € à 50 € / heure (ex. : 10h/semaine à 20 € = 800 €/mois)
Déclaration recommandée
Services à l’école (cantine, aide aux devoirs)
Environ 11 € brut / heure
Dans le cadre scolaire existant
Centres de loisirs / colonies (vacances)
Variable selon structure
Autorisation de cumul obligatoire
Freelance (réseaux sociaux, relecture, traduction)
À partir de 5 € la prestation (ex. : 5euros.com)
Création d’une micro-entreprise nécessaire
Vente de ressources pédagogiques
100 € à 200 €/mois en moyenne
Potentiel élevé à long terme

La vente de ressources pédagogiques mérite qu’on s’y attarde. En France, on compte environ 400 000 professeurs des écoles, un marché potentiel considérable. Aux États-Unis, certains enseignants ont atteint un million de dollars de gains avec seulement 93 ressources mises en ligne, c’est un cas extrême, certes, mais il illustre bien le potentiel de cette activité.

Pour toutes ces démarches, n’hésitez pas à contacter un syndicat comme la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, qui propose des permanences régulières (du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h à 16h) pour répondre à vos questions concrètes. Mieux vaut vérifier sa situation individuelle avant de se lancer, surtout quand le statut de fonctionnaire est en jeu.

Changer de corps sans démissionner : les voies discrètes qui existent vraiment

On a vu que la démission reste souvent la seule porte de sortie pour passer un concours externe. Mais il existe des mécanismes moins connus, plus souples, qui méritent vraiment d’être explorés avant de prendre une décision aussi radicale.

Le détachement est probablement l’option la plus intéressante pour un enseignant titulaire qui veut tenter autre chose. Concrètement, vous quittez temporairement votre corps d’origine tout en conservant vos droits à l’avancement et à la retraite. Vous pouvez ainsi intégrer un autre corps de la fonction publique, tester un nouveau poste, et revenir dans l’Éducation nationale si ça ne vous convient pas. C’est une sorte de « filet de sécurité » que beaucoup ignorent.

Le détachement permet de changer de corps sans perdre son ancienneté ni son droit à réintégration : c'est la voie la plus sécurisée pour explorer sans tout risquer.

La mise en disponibilité fonctionne différemment : vous suspendez votre activité pour une durée limitée, sans rémunération cette fois. C’est moins confortable financièrement, mais ça libère du temps pour préparer un concours, créer une activité, ou simplement souffler. La demande se fait auprès de votre rectorat, avec des délais à respecter.

Les concours accessibles aux enseignants (sans forcément tout quitter)

Même avec les restrictions du décret 90-680, certaines portes restent ouvertes. Tout dépend du concours visé et de votre situation précise.

Voici quelques pistes concrètes à explorer selon votre profil :

  • Les concours de l’inspection (IEN, IA-IPR) : accessibles aux enseignants titulaires justifiant d’une ancienneté suffisante, sans démission préalable
  • Les concours de conseiller principal d’éducation (CPE) : ouverts via voie interne sous conditions d’ancienneté
  • Les concours administratifs de catégorie A (attaché territorial, par exemple) : accessibles en externe, mais nécessitent souvent une mise en disponibilité pour préparer sérieusement
  • Les postes de formateur INSPE ou de conseiller pédagogique : accessibles par candidature interne, sans changer de corps

La nuance importante ici, c’est que certains de ces concours ne sont pas bloqués par l’article 7 du décret 90-680, parce qu’ils concernent des corps différents ou des voies internes spécifiques. Vérifier le texte exact du concours visé avant de conclure que c’est impossible, ça évite bien des déceptions inutiles.

La reconversion partielle (garder un pied dans l’enseignement, l’autre ailleurs)

Tout quitter ou rester figé : ce n’est pas forcément le seul choix. De plus en plus d’enseignants optent pour une reconversion progressive, en construisant une activité parallèle pendant qu’ils sont encore en poste.

Le principe du mi-temps thérapeutique ou du temps partiel de droit permet, sous certaines conditions, de réduire son temps de travail officiellement. Ce n’est pas anecdotique : un mi-temps libère concrètement du temps pour se former, développer une activité, ou préparer une transition sans précipitation. La demande se fait auprès de l’administration, et certaines situations personnelles (parentalité, état de santé) facilitent l’obtention. Ça vaut le coup de se renseigner auprès de son syndicat ou de la DRH académique, parce que les conditions fluctuent selon les académies et les situations individuelles.

Quel diplôme faut-il pour passer un concours enseignant (et y a-t-il des exceptions) ?

La règle de base est assez simple : pour passer le CRPE (le concours pour devenir professeur des écoles), il faut au minimum une licence, soit bac+3. Pour l’agrégation ou les concours internes, on monte d’un cran : il faut un master, donc bac+5. Autant dire que si vous êtes encore en début de cursus, il va falloir patienter un peu.

Mais il existe des portes d’entrée moins connues. Le troisième concours, par exemple, ne demande aucun diplôme particulier, en revanche, il faut justifier d’au moins 5 ans d’expérience professionnelle dans le privé. C’est une vraie alternative pour quelqu’un qui a construit une carrière ailleurs et qui souhaite se reconvertir dans l’enseignement sans repartir de zéro à la fac. Et ce n’est pas tout : certains profils bénéficient d’une dispense de diplôme, comme les parents d’au moins trois enfants ou les sportifs de haut niveau.

Autre situation intéressante : si vous êtes déjà enseignant titulaire et que vous réussissez un concours externe dans un autre corps de la fonction publique (territoriale ou hospitalière, par exemple), vous repartez comme stagiaire dans ce nouveau corps, puis vous devenez titulaire après validation. Ce n’est pas un retour à la case départ, mais ça implique quand même de recommencer un cycle de titularisation, mieux vaut le savoir avant de se lancer.

Mathieu (Delémont) « Au bout de cinq ans, je suis devenu fonctionnaire, et franchement, ça change tout »

Je m’appelle Mathieu, j’enseigne les maths au secondaire supérieur depuis un peu plus de trois ans, et je vais vous expliquer comment ça se passe concrètement. Ce qui m’a d’abord surpris en arrivant ici : pas de concours à préparer. En France, on passe des années à bachoter le CAPES. En Suisse, il faut un master dans sa discipline, puis deux ans de formation pédagogique en emploi, c’est-à-dire qu’on est déjà en classe pendant qu’on se forme. Ensuite, c’est vous qui trouvez un directeur d’école prêt à vous engager. Ça peut sembler stressant, mais les profs de maths sont activement recherchés, donc la démarche est nettement plus fluide qu’ailleurs.

Parlons chiffres, parce que c’est souvent là que les questions se posent. En début de carrière, on tourne autour de CHF 8.150 par mois, soit environ 7.100 €. C’est déjà bien au-dessus du salaire médian suisse, qui se situe à CHF 6.000. Et en fin de carrière, on peut atteindre CHF 11.000, voire dépasser CHF 12.000 au moment du départ à la retraite. Pour situer : j’enseigne au collège, qui prépare les élèves à la maturité, l’équivalent du bac suisse, et c’est l’un des débouchés du secondaire supérieur avec les écoles de commerce et la formation professionnelle.

Un point que j’aurais aimé connaître plus tôt : le statut de fonctionnaire arrive après cinq ans au total, les deux ans de formation comptent, puis trois ans d’exercice effectif. Pour les enseignants de nationalité suisse, c’est automatique. Ça apporte une vraie stabilité, et honnêtement, sachant que la formation se fait en emploi, ces cinq ans passent vite. Si vous voulez être accompagné syndicalement pendant cette période, le SSP, syndicat des employés de l’administration et des enseignants, est l’interlocuteur le plus adapté au secteur.

Entretien d’embauche : top 5 questions et réponses à connaître

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Fabrice DURAND

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé diplômes.net pour vous accompagner dans le choix de votre cursus diplômant. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire, et de nombreux sites consacrés aux métiers.

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