Le BTS tourisme attire chaque année de nombreux étudiants séduits par l’idée de travailler dans un secteur synonyme de voyage et d’évasion. Pourtant, une fois le diplôme en poche, la réalité du marché de l’emploi se révèle souvent plus complexe qu’anticipé.
Entre des offres concentrées sur certains métiers, des salaires d’entrée modestes et une concurrence parfois vive selon les régions, les jeunes diplômés doivent souvent faire preuve de patience et de stratégie pour décrocher un premier poste stable. Les débouchés existent, mais ils ne s’offrent pas toujours aussi facilement que le nom du diplôme pourrait le laisser croire.
Diplomes.net fait le point sur les véritables opportunités offertes par le BTS tourisme, les secteurs qui recrutent, et les obstacles concrets que rencontrent les diplômés dans leur recherche d’emploi.
Le BTS Tourisme en détail : ce que vous apprenez vraiment (et combien de temps)
Le BTS Tourisme se prépare en deux ans après le bac, tous types de bac confondus, technologique, professionnel ou général. L’admission passe par Parcoursup, avec une sélection sur dossier et un entretien de motivation. Bonne nouvelle : les bacheliers professionnels sont examinés en priorité sur Parcoursup, ce qui change la donne pour beaucoup.
La formation totalise 25 heures de cours par semaine, chaque année, soit 50 heures sur l’ensemble du cursus. Voici comment elles se répartissent :
Matière |
1re année |
2e année |
Total |
|---|---|---|---|
Culture générale et expression |
2h |
2h |
4h |
Anglais (Langue A) |
2h |
2h |
4h |
Langue B (2e langue étrangère) |
2h |
2h |
4h |
Tourismes et territoires |
4h |
4h |
8h |
Gestion de la relation clientèle |
3h |
3h |
6h |
Élaboration d’une prestation touristique |
6h |
6h |
12h |
Gestion de l’information touristique |
3h |
3h |
6h |
Ateliers de professionnalisation |
3h |
3h |
6h |
Total |
25h |
25h |
50h |
Le bloc le plus lourd, et c’est logique, c’est l’élaboration d’une prestation touristique avec 12 heures au total. C’est là que vous apprenez concrètement à construire un séjour, un circuit, une offre clé en main pour un client.
À cela s’ajoutent 14 semaines de stage réparties sur les deux années, ce qui représente un vrai temps d’immersion en entreprise. Des options facultatives existent aussi : un projet de spécialisation (30h/an), un parcours à l’étranger (30h/an) ou une troisième langue (60h/an). Autant d’atouts à ne pas négliger si vous visez l’international.
Le diplôme délivré est un BTS de niveau 5 (bac+2) reconnu par l’État, avec 120 crédits ECTS, ce qui facilite les passerelles vers d’autres formations européennes.
Les débouchés concrets : où trouver du travail avec un BTS Tourisme ?
Soyons honnêtes : un BTS Tourisme ouvre des portes, mais pas toutes en même temps. Les employeurs qui recrutent ce profil se trouvent principalement dans ces secteurs :
- Agences de voyages
- Centrales d’achat et de réservation
- Offices de tourisme
- Secteur événementiel, sportif et transports
Les postes accessibles directement après l’obtention du diplôme sont nombreux, même si les salaires d’entrée restent modestes :
- Vendeur-conseil en agence de voyages
- Agent d’escale (aéroports, gares)
- Guide-accompagnateur
- Agent d’exploitation
- Animateur de tourisme local
« Le secteur du tourisme représente 8 % du PIB en France et offre des centaines de milliers de postes, avec des perspectives de carrière nombreuses. »
C’est un chiffre qui impressionne, et pourtant, beaucoup de diplômés peinent à trouver un emploi stable rapidement. Pourquoi ? Parce que le secteur est très saisonnier, très concurrentiel, et que les employeurs cherchent souvent des profils déjà expérimentés ou spécialisés.
Le ministère de l’Économie a lancé une campagne nationale sur monemploitourisme.fr pour valoriser ces métiers et faciliter le recrutement, notamment sur les postes en tension. Cette initiative, diffusée dans toute la France (métropole et DROM), cible aussi bien les jeunes en recherche d’emploi que les personnes en reconversion. Si vous cherchez des offres, c’est une bonne adresse de départ.
Poursuivre ses études ou entrer dans la vie active : le vrai choix à faire
La majorité des titulaires d’un BTS Tourisme choisissent de continuer leurs études plutôt que de s’arrêter au bac+2. Et franchement, c’est souvent la bonne décision si vous voulez accéder à des postes avec plus de responsabilités et de meilleures rémunérations.
Les poursuites d’études les plus courantes sont :
- Licence professionnelle mention guide-conférencier
- Licence pro métiers du tourisme
- Licence pro tourisme et loisirs sportifs
- BUT avec un parcours en lien avec les compétences acquises
La licence professionnelle (bac+3) reste la voie privilégiée selon l’Onisep, car elle permet de se spécialiser rapidement tout en restant dans une logique professionnalisante. C’est un an de plus, mais ça change vraiment le profil sur un CV.
Ce que les recruteurs attendent vraiment d’un candidat BTS Tourisme, ce sont des compétences bien précises :
- Un bon sens relationnel et une vraie aisance avec les clients
- Une capacité à évoluer dans des environnements numériques (outils de réservation, CRM, etc.)
- Des compétences solides en communication écrite et orale
- Une culture générale en histoire et géographie, indispensable pour conseiller un voyageur
Le secteur du tourisme représente 8 % du PIB français avec des centaines de milliers de postes, mais la concurrence est réelle. Miser sur les options facultatives pendant la formation, soigner ses stages et envisager une licence pro, c’est la combinaison gagnante pour ne pas rester bloqué à l’entrée du marché.
BTS Tourisme : trouver un emploi, c’est possible, mais voilà ce qui coince vraiment
Le diplôme en poche, la vraie question c’est : combien de temps avant de décrocher un contrat stable ? Et là, soyons directs, le taux d’insertion immédiate des BTS Tourisme reste inférieur à celui d’autres BTS tertiaires, notamment parce que le secteur repose encore beaucoup sur des CDD saisonniers et des temps partiels. Ce n’est pas une raison de paniquer, mais c’est une réalité à anticiper dès la formation.
Beaucoup de diplômés BTS Tourisme trouvent leur premier vrai poste stable non pas à la sortie du diplôme, mais après une première expérience saisonnière ou une licence pro.
Concrètement, si vous sortez en juin avec votre BTS, vous pouvez tout à fait enchaîner sur un contrat saisonnier l’été même, dans un office de tourisme, une agence locale ou un site touristique, et utiliser cette expérience comme tremplin. C’est moins glamour qu’un CDI immédiat, mais c’est souvent comme ça que ça se passe vraiment.
Les régions et les profils qui recrutent (et ceux qui galèrent un peu plus)
Tout dépend aussi d’où vous cherchez. La géographie joue un rôle énorme dans ce secteur. Un diplômé prêt à travailler en zone littorale, en montagne ou dans une grande ville touristique comme Paris, Lyon ou Bordeaux aura beaucoup plus d’opportunités qu’un candidat qui cherche uniquement dans une zone rurale peu touristique.
Voici les profils qui trouvent le plus facilement :
- Ceux qui maîtrisent deux langues étrangères, dont l’anglais courant minimum
- Ceux qui ont une expérience sur des outils numériques de réservation (Amadeus, Galileo ou équivalents)
- Ceux qui ont effectué au moins un stage à l’étranger ou dans une structure internationale
- Ceux qui acceptent la mobilité géographique, au moins en début de carrière
À l’inverse, un profil sans expérience numérique et sans deuxième langue solide aura du mal à sortir du lot, même avec un bon dossier académique. Ce n’est pas une critique, c’est juste ce que les recruteurs disent clairement.
Reconversion et entrée tardive dans le tourisme : ça marche aussi
Une chose qu’on oublie souvent de dire : le BTS Tourisme n’est pas réservé aux jeunes sortant du lycée. En suivant la formation en alternance ou en formation continue, des personnes en reconversion professionnelle intègrent ce cursus avec un vrai avantage : leur expérience antérieure. Un ancien commercial, par exemple, arrivant avec des réflexes de vente et une aisance relationnelle déjà construite, peut se démarquer très rapidement sur le marché.
L’alternance en BTS Tourisme reste d’ailleurs une voie particulièrement efficace pour l’insertion, puisqu’elle permet de construire un réseau professionnel pendant la formation elle-même, et parfois de se faire embaucher directement par l’entreprise d’accueil à l’issue du diplôme. Si vous hésitez entre voie scolaire classique et alternance, cette question mérite vraiment d’être posée à l’établissement dès l’entretien de sélection.
Les métiers du tourisme qui recrutent (et comment optimiser vos chances)
Le secteur du tourisme est bien plus varié qu’on ne le pense. On imagine souvent l’agent de voyage derrière son comptoir, mais les débouchés vont bien au-delà. Un forfaitiste conçoit des séjours clés en main, un conseiller en séjour accompagne les clients dans leurs choix, un chargé de promotion s’occupe du marketing touristique, et un chargé de qualité gère le SAV quand les vacances se passent moins bien que prévu. Quatre profils très différents, mais tous portés par la même logique : rendre le voyage fluide et agréable.
Côté recruteurs, le spectre est large. Les compagnies aériennes, ferroviaires et maritimes cherchent régulièrement des profils formés. Idem pour les hôtels, clubs vacances et campings, ou encore les parcs de loisirs, musées et sites culturels. Autrement dit, si vous aimez le contact et l’organisation, il y a de la place, à condition de savoir où regarder.
Attention tout de même : la digitalisation grignote certains postes d’accueil et de réservation, remplacés peu à peu par des outils automatisés. Pour tirer son épingle du jeu, se spécialiser dans le domaine aérien est une piste sérieuse, c’est un secteur technique, exigeant, et justement moins facile à automatiser. Une vraie carte à jouer si vous voulez vous démarquer.
Mathilde (Albi) « Plus de 100 candidatures envoyées, 2 entretiens… et toujours rien »
J’ai décroché mon BTS Tourisme en juin 2025, mon contrat d’alternance s’est terminé fin juillet, et depuis mon retour fin août, je cherche activement. Concrètement, ça veut dire : plus de 100 candidatures envoyées sur Indeed, France Travail, LinkedIn, Leboncoin… pour seulement 2 entretiens obtenus. Deux. Sur cent. Et à chaque fois, le retour est le même : « pas assez d’expérience ». Vous voyez le paradoxe ? On sort d’une formation en alternance, donc on a bossé en entreprise, et on manque quand même d’expérience. Je ne sais pas ce qu’il faut faire de plus, franchement.
J’ai aussi tenté le côté intérim, en contactant Randstad, Adecco, Jubil… sans résultat non plus. Et quand je regarde les offres disponibles, je me retrouve face à un autre mur : postes peu qualifiés en grande surface, où l’on me dit que je suis surqualifiée. Donc trop diplômée pour certains jobs, pas assez expérimentée pour les autres. C’est épuisant comme logique. Une amie à moi cherche dans l’événementiel depuis plus de 6 mois, une autre a fini par accepter un poste en abattage, ce que je ne peux pas me résoudre à faire. On est plusieurs dans cette situation, et ça aide un peu de savoir qu’on n’est pas seule, même si ça ne règle rien.
Ce qui me perturbe le plus, c’est que le tourisme est présenté partout comme un secteur en croissance. Alors pourquoi est-ce aussi difficile d’y entrer ? Je commence sérieusement à envisager de reprendre des études, pas par envie, mais parce que le marché ne laisse pas beaucoup d’autres portes ouvertes. Peut-être un Bachelor, peut-être une licence pro… je ne sais pas encore. Ce que je sais, c’est que rester à attendre sans rien changer ne fonctionne pas.
Quels sont les métiers qui recruteront le plus d’ici à 2030?



